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ERIC FERNANDEZ |
| Origine
: France |
Influences
musicales : Flamenco, classique, Tango, Amérique
Latine
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Liens
web :
http://eric-fernandez.com
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Eric
Fernandez a commencé la guitare à
14 ans en s’exerçant sur Paco de
Lucia, Villa Lobos, Fernando Sor et J. S. Bach.
En 1985, il sort son premier disque « Alma
de noche », et propose un Flamenco inspiré
d’instruments du monde entier… C’est
un premier succès puisqu’il s’écoule
à 50 000 exemplaires. Eric collabore ensuite
avec Khaled, les Bananarama, Cheb Mami puis avec
le groupe Chico et les Gypsies. En 2000, il enregistre
« Magic Gypsie » un album dédié
aux musiques méditerranéennes. Eric
y introduit le doudouk, une flûte très
courte proche du soprano arménien, la raïta,
l’équivalent de la bombarde et le
violon arabe. Le dernier disque d’Eric «
Verdine tempo » est sorti en 2006.
Crédit photo Stefan Hoareau.
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| INTERVIEW |
Ophélie
: Ton aventure musicale a commencé à
l’écoute d’un disque de Paco de
Lucia ?
Eric Fernandez : C’est ça,
mon père était un guitariste gitan andalou,
chez nous il y avait toujours des musiciens et ça
ne m’intéressait pas plus que ça,
jusqu’à ce que j’écoute
le disque « Entre dos aguas » de Paco
de Lucia, ça a été un flash et
j’ai déchiffré tout le disque
à la guitare.
Ophélie : Peut-on dire que
le Flamenco a été le fil conducteur
de ton parcours musical ?
Eric Fernandez : C’est vrai
que Le Flamenco a été très important,
mais le classique aussi, je dirais 50/50, je suis
un grand fan de Bach …
Ophélie : Tu as utilisé
des instruments inhabituels dans le Flamenco…
Eric Fernandez : En fait les gitans
n’ont cessé de voyager et de s’imprégner
des différentes cultures qui les entouraient.
Certains disent que les gitans sont des voleurs de
poules, moi je dirais qu’ils sont plutôt
des voleurs de feux ! La richesse du Flamenco vient
du fait que c’est une musique que l’on
peut métisser à volonté, sans
perdre son âme. C’est pour cela que j’ai
pu y intégrer de nouveaux instruments. Par
exemple, j’ ai fait un gros travail sur l’accordéon.
Pour moi c’était un défi, il y
a des accordéons dans la musique rom, mais
pas dans la musique andalouse. Je voulais savoir ce
qu’il était possible de faire. Et c’est
de cette démarche qu’est né Verdine
Tempo.
Ophélie : Justement pourrais-tu
nous en dire plus sur Verdine Tempo ?
Eric Fernandez : Ce projet est né
de ma rencontre avec l’accordéoniste
Alexandre Léauthaud, j’ai voulu créer
un duo guitare accordéon, puis au fur et à
mesure des copains sont venus se greffer au projet.
La cause zapatiste n’est venue qu’après.
Ophélie : La première
chanson de l’album Verdine Tempo commence par
un discours
de la Commandante Esther…
Eric Fernandez : J’ai entendu
parler en 2001 de la « Marche de la couleur
de la terre»,
qui a mené les Zapatistes vers le parlement
mexicain. Tout le monde s’attendait à
ce que le commandant Marcos s’exprime, mais
c’est une femme qui a parlé. Ses premières
paroles m’ont touché : « Je m’
appelle Esther ce n’est pas important, je suis
zapatiste ce n’est pas important, ce qui est
important c’est que je suis une femme, pauvre
et indigène ! » Dans le reste du discours
qui a duré 45 minutes, elle mettait l’accent
sur la condition des femmes et la maltraitance du
peuple indigène, plus que sur la cause zapatiste.
Avec cette chanson « Pachamama » j’ai
voulu rendre hommage à cette femme et à
toutes les femmes qui ont participé à
cette marche.
Ophélie : Verdine Tempo qu’est
ce que ça veut dire ?
Eric Fernandez : La Verdine, c’est
la roulotte chez les gitans irlandais, c’est
le symbole
du voyage, un voyage en rythme…
Ophélie : En parlant de voyage
le moins que l’on puisse dire c’est que
tu t’es ouvert à
de nombreux horizons musicaux, par exemple l’Afrique…
Eric Fernandez : Oui, je me suis
ouvert à la musique africaine, lors de mon
premier album, j’ai rencontré Toumani
Diabaté et sa Kora. Cet instrument m’a
parlé, C’était comme une guitare
pour moi…Et puis il y a eu les rythmes aussi
qui jouent une place fondamentale dans la musique
africaine tout comme dans le Flamenco…
Ophélie : Tu as fait de nombreuses
rencontres artistiques, est-ce qu’il y en a
une qui
t’a plus particulièrement marqué
?
Eric Fernandez : Parmi les nombreux
musiciens avec lesquels j’ai joué, je
dirais Souad Massi. Nous nous sommes rencontrés
en Algérie, avant la sortie de son premier
album et ça été vraiment une
très belle rencontre, c’est une femme
très engagée aussi, elle est marraine
du spectacle Verdine Tempo. D’ailleurs je travaille
à une nouvelle version du spectacle pour 2009,
plus axée sur la condition de la femme en général
et les violences qu’elle subit. Souad y participera
peut être avec d’autres femmes, mais bon
c’est encore en gestation…
Ophélie: En fait Verdine Tempo
c’est un concept musical qui évolue
Eric Fernandez: Exactement. D’ailleurs
plus le temps passe, plus je m’oriente vers
des pièces plus longues qui durent entre 20
et 40 minutes, qui racontent de vraies histoires.
Ophélie: Comment est perçu
ton travail par le milieu flamenco, qui peut sembler
parfois un peu fermé ?
Eric Fernandez: Le Flamenco est une
musique en vogue, qui s’ouvre de plus en plus,
il y a beaucoup de mélange qui se font. L’essentiel
est de faire les choses avec son coeur et surtout
de croire en ce qu’on fait. Après la
touche gitane ne se perd jamais…Le flamenco
c’est une façon d’être, de
marcher, de respirer et pas seulement de jouer de
la musique !!
Ophélie: Est-ce que ton approche
de la musique a évolué avec le temps
?
Eric Fernandez: Non pas vraiment,
ça dépend de mes envies, par exemple
à une époque j’ai eu envie d’éléctro.
Je ne l’ai pas fait mais je finirai par le faire,
car il y a vraiment des choses intéressantesà
construire au niveau du rythme. En tout cas j’ai
toujours fait ce dont j’avais envi !!
Réalisée
le 20 aout 2008 par Ophélie Cohen |
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