Ba Cissoko. Avec un nom de famille pareil,
nul ne pouvait douter d'un avenir musical. Et
bien au début ce n'était pas si
prévisible que ça. Pourtant descendant
de l'inventeur de la kora, le Guinéen
Ba Cissoko a préféré passer
son enfance sur les terrains de foot. Mais difficile
d'échapper à l'héritage
griot quand tout le monde joue d'un instrument
dans sa famille. C'est son oncle, M’Bady
Kouyaté, qui l'a surtout initié
à la sphère mandingue. Et pour
se perfectionner, au début des années
80, il part en voyage de villages en villages,
de sa ville natale Kandara à Dakar.
De retour à Conakry, il fonde un quartet
qui prend rapidement la forme d'un groupe d'animation.
Les musiciens se produisent dans les mariages,
les hôtels, au grand plaisir d'un public
amateur de Phil Collins à la kora !
En 1995, il arrive en France, à Marseille,
où il joue dans des petits bars, sans
kora, à l'occasion de boeufs avec des
artistes marseillais.
Au gré des rencontres, il s'ouvre à
d'autres univers musicaux et surtout au jazz
grâce au trompettiste Gilles Poizat. Il
forme son groupe en 1999. Non sans hésiter,
Ba Cissoko modernise la kora, sous l’influence
de son petit cousin, Sekou Kouyaté, qui
le convainc d’y ajouter une pédale
wawa. Une évolution qui le conduit à
l’album « Sabolan » en 2003
puis à « Electric Griot Land »,
en 2006 - titre évocateur du fameux album
de Jimi Hendrix (Electric Ladyland). Un pari
bien ambitieux et néanmoins réussi
puisque parmi les invités de l’Electric
Griot Land on compte le célèbre
duo Amadou et Mariam.
Pour son dernier album sorti en février
2009, « Séno », Ba Cissoko
diversifie encore ses influences, entre les
sonorités portugaises de la Guinée-Bissau
où est né son père et la
vague hip-hop de Conakry. Ba Cissoko rend surtout
hommage à sa grand-mère. Enfant,
il n’aimait pas aller aux champs, il reconnaît
aujourd’hui que son travail était
essentiel. Un côté enfant rebelle,
qui lui a donné une grande inspiration
!
Aline Fontaine