Il
est des hommes qui laissent à jamais leur empreinte
dans l’histoire de l’humanité.
Ravi Shankar est de ces géants là. Virtuose
du sitar, dépositaire d’un savoir millénaire
Ravi Shankar naît en 1920 à Varanasi
(Bénarès), ville sacrée de l’Inde,
dans une famille de Brahmanes (la plus haute caste.
Il débute comme danseur auprès de son
frère Uday Shankar, chorégraphe, avant
de bifurquer vers le dur apprentissage du sitar (instrument
phare de l’Inde du Nord).
A l’âge de 24 ans, il se lance dans une
carrière solo. Succès immédiat.
Lors de sa
première tournée aux Etats-Unis, en
1956, il met en oeuvre la mission de sa vie : faire
connaître la musique indienne a l’Occident.Il
y sera grandement aidé par l’air du temps
où règnent les foulards indiens, et
surtout par le Beatles Georges Harrison, rock star
planétaire, qui devient son disciple vers 1960
(d’où le sitar insolite de Norvegian
wood). Grâce à Ravi Shankar, la musique
indienne atteint une popularité mondiale :
il est l’une des têtes d’affiche
du festival Woodstock en 1969 et reçoit de
nombreux prix. Les plus grands musiciens enregistrent
avec lui dont son ami Yehudi Menuhin (trois disques),
Jean Pierre Rampal, Hosan Yamamoto, Philip Glass…
et John Coltrane prénomme son fils Ravi en
hommage au virtuose indien. Couvert de gloire et d’honneur,
le vieux maître est aujourd’hui fatigué.
La relève semble désormais assurée
par sa fille Anoushka Shankar (son autre fille, Norah
Jones a choisi un autre chemin). Ravi Shankar fait
sa tournée d’adieu : les 1er et 2 septembre,
Paris comptera un monument de plus.
Magali Bergès |