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TAKANA ZION
Origine : Guinée

Influences musicales : Reggae, Ragga, Dancehall

Liens web :

http://www.myspace.com/takanazion

Takana Zion s’est fait remarquer en 2006 en première partie de Tiken Jah Fakoly à l’Elysée Montmartre, à Paris. Il revient aujourd’hui sur le devant de la scène avec son premier album, «Zion Prophet», réalisé et produit, avec Manjul dans son studio «Humble Ark» à Bamako. Retour sur le parcours du jeune chanteur guinéen.

O : Tu as commencé par le rap et le dancehall…
Takana : Oui, mon premier tube était dancehall, car en Guinée à l’époque, on ne connaissait pas vraiment le reggae. Mais comme j’étais curieux et sensible à toute bonne musique, je me suis intéressé à Bob Marley. Sa voix m’a tellement touché que j’ai voulu comprendre son message, parler anglais et être engagé à mon tour. Mon premier morceau reggae a été enregistré en Guinée grâce à ma maman qui m’a aidé à financer ce projet.

O : Tu as quitté la Guinée assez jeune pour partir au Mali. Qu’est-ce qui t’a poussé à aller là-bas ?
Takana : J’avais 18 ans et mes parents voulaient que j’étudie. On était constamment en opposition, notamment sur le point de vue de la religion. Mes parents sont musulmans tandis que moi j’adore Rasta Faraï. Je me suis toujours dit qu’après le bac je partirais au Mali, pour retrouver la terre de mes ancêtres et pratiquer librement ma musique… Entre temps, je me suis rapidement fait connaître à Conakry. Je chantais partout où je le pouvais, dans les écoles, les milieux que je fréquentais. Le bouche à oreille a bien fonctionné, c’est parti comme une traînée de poudre dans la ville. J’ai été repéré par des producteurs, puis par Tiken Jah Fakoly, qui a demandé à ce que je vienne à Bamako. Donc je suis parti au Mali, alors que j’étais censé passer le bac et que mes parents n’étaient même pas au courant… (rires)

O : Dans tes chansons, tu fais souvent référence à Jah, qu’est-ce qu’il représente pour toi ?
Takana : Jah m’a libéré. J’étais complexé par beaucoup de choses dans la vie. Le message de Rasta est salvateur. Beaucoup de ceux qui viennent aux concerts
de Reggae écoutent la musique mais n’entendent pas forcément le message. Alors que Rasta Faraï prêche pour la délivrance de tous les peuples et nous enseigne l’amour suprême, envers son prochain, les animaux et même les arbres.

O : Tu es un artiste engagé, conscient de la réalité sociale qui t’entoure.
Takana : On a des actions à accomplir. A travers la musique, il ne s’agit pas seulement de se divertir. En Afrique, on essaye de mettre en place des sounds systems écologiques. On ne peut pas laisser sa maison sale, critiquer les gens, puis ne rien faire et se prétendre révolutionnaire. Nous sommes dans un monde d’orgueil, de vanité où chacun ne peut compter que sur lui même. Il faut savoir s’autocritiquer, pour donner la victoire au bien qui est en nous. C’est un combat perpétuel avec soi-même.

O : Que signifie Takana, le nom que tu as choisi ?
Takana : « La ville est détruite » ou « détruire la ville ». Mais il ne faut pas interpréter ce message au sens propre. Il s’agit davantage d’une destruction spirituelle que physique. Avec ce message, je pars d’un constat : le désordre est partout dans le monde. Je pense que le « Jugement » ne va pas tarder, mais on a une chance d’y échapper si on s’efforce de changer en se respectant les uns les autres et en prônant l’unité.

O : On parlait tout à l’heure de Tiken Jah Fakoly, mais il y a eu une autre rencontre importante, avec Manjul...
Takana : Oui on s’est rencontré au Mali sur les collines de Lassa , où je vivais avec la communauté rasta. Chaque samedi on battait le Naiabingi, pour saluer
sa majesté Halié Selasié. Manjul m’a remarqué car j’avais des chansons propres à moi.

O : Qu’est ce que le Naiabingi ?
Takana : C’est une musique traditionnelle, que les Rastamen utilisent pour prier Jah et c’est aussi le nom d’une reine Ougandaise qui a combattu les oppresseurs.

O : En quoi ton identité africaine influence ta musique ?
Takana : Par les instruments traditionnels qui sont utilisés, comme les balafons ou la flûte africaine, et puis par les vibes et la voix qui sont très africaines.

O : Que penses-tu de la scène reggae actuelle en Afrique ?
Takana : Elle se développe avec force, car le peuple africain est reconnaissant des témoignages que les chanteurs de reggae apportent sur la réalité de la
vie. Contrairement au public français, les Africains portent un réel intérêt au message qu’on leur transmet. C’est très fort...

INTERVIEW    


Interview par Ophélie Cohen Réalisation et Mix Gabriel Fetu. Une production AlterMusica 2008

 
 
DISCOGRAPHIE    
     
Zion Prophet
Makasound
Juin 2007

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