La « diva aux pieds nus » a fait connaître au monde entier la morna, ce blues de l’archipel du Cap-Vert.
Parcours
Cesária Évora naît en 1941 à Mindelo, sur l’île de São Vicente. Son père, musicien, meurt quand elle a sept ans ; elle grandit en partie dans un orphelinat. Adolescente, elle chante dans les bars et les cafés du port, et apprend l’art de la morna et de la coladeira auprès du compositeur Gregório Gonçalves.
Dans les années 1960 et 1970, sa voix conquiert l’archipel, puis elle cesse de chanter pendant une dizaine d’années. En 1985, une association de femmes l’invite au Portugal. Deux ans plus tard, José da Silva, cheminot français d’origine capverdienne, la découvre à Lisbonne et lui propose d’enregistrer à Paris : « La Diva aux pieds nus » paraît en 1988.
Le succès international arrive avec « Miss Perfumado » (1992) et la chanson « Sodade ». En 2004, elle remporte le Grammy Award du meilleur album de musiques du monde pour « Voz d’Amor ». Elle s’éteint le 17 décembre 2011 à São Vicente, à 70 ans.
Son univers
Cesária chante en créole capverdien la morna, chant mélancolique proche du fado portugais, et la coladeira, plus rythmée. Sa voix grave raconte la « sodade », la nostalgie de l’exil. Véritable ambassadrice de son pays, elle a ouvert la voie à toute une génération de musiciens capverdiens.
À écouter
- « La Diva aux pieds nus » (1988)
- « Miss Perfumado » (1992)
- « Café Atlântico » (1999)
- « Voz d’Amor » (2003)
- « Nha Sentimento » (2009)
Texte : Elena Bangueses Buceta, mis à jour par la rédaction — Photo : Stefan Hoareau