Fils aîné de Fela, Femi Kuti porte haut l’héritage de l’afrobeat tout en lui donnant une voix résolument personnelle et moderne.
Parcours
Né à Londres en 1962 et élevé à Lagos, Femi Kuti grandit au cœur des combats de son père, le saxophoniste Fela Anikulapo Kuti. Il est témoin des descentes armées contre la maison familiale et des persécutions subies par Fela et ses proches.
Il fait ses armes au saxophone au sein d’Egypt 80, l’orchestre de son père, qu’il dirige pendant les périodes d’emprisonnement de Fela, tout comme le mythique Shrine, temple de l’afrobeat à Lagos. Au milieu des années 1980, il fonde son propre groupe, Positive Force, malgré la désapprobation paternelle.
Après la mort de Fela en 1997, Femi s’impose à l’international avec « Shoki Shoki » (1998) puis « Fight to Win » (2001). « Day by Day » (2008) et « Africa for Africa » (2010) lui valent de nouvelles nominations aux Grammy Awards. Son fils Made Kuti, multi-instrumentiste, représente désormais la troisième génération de la dynastie.
Son univers
« La musique est une arme » : pas pour tuer, mais pour éveiller les consciences et dénoncer la corruption, la misère et les dérives de la mondialisation. Femi reste fidèle à l’afrobeat de Fela — riffs de cuivres, claviers hypnotiques, percussions lancinantes — mais l’ouvre au jazz, à la soul et au hip-hop, avec des arrangements plus serrés et une production moderne.
À écouter
- « Shoki Shoki » (1998)
- « Fight to Win » (2001)
- « Day by Day » (2008)
- « Africa for Africa » (2010)
- « One People One World » (2018)
Texte : Ophélie Cohen, mis à jour par la rédaction