Voix et guitare en main, Davy Sicard réinvente le maloya réunionnais : un « maloya kabosé », qui a roulé sa bosse ailleurs.
Parcours
Né en métropole de parents réunionnais, Davy Sicard vit aujourd’hui à Bras-Panon, à La Réunion. Il découvre le maloya à la fin des années 1980 en chantant a cappella avec des amis, au sein du quatuor College Brothers, avant de rejoindre Sabouk, groupe de jazz-maloya.
Dans les années 2000, il se lance en solo. Il autoproduit « Ker Volkan » (2003), chanté en créole, puis sort « Ker Maron » (2006), récit de sa quête identitaire, et « Kabar » (2008). Il a assuré les premières parties de Souad Massi, Rokia Traoré ou Cesária Évora.
Son univers
Le maloya, ce sont les chants que les esclaves entonnaient en s’enfuyant dans les montagnes. Davy Sicard y mêle les instruments traditionnels (roulèr, kayamb) à la soul, au jazz, au reggae et au rock. À La Réunion, le kabar est une soirée où l’on danse et chante le maloya ; dans son origine malgache, c’est aussi une discussion sur la vie du village. Son album embrasse ces deux sens, et n’hésite pas à aborder des sujets tabous comme la colonisation et l’esclavage.
À écouter
- « Ker Volkan » (2003)
- « Ker Maron » (2006)
- « Kabar » (2008)
Texte : Aline Fontaine, mis à jour par la rédaction